février 2025
-
La caméra est là. Sa présence intrigue d’abord, les élèves la regardent comme un nouvel élève apparaissant à la rentrée. Peu à peu, elle s’installe comme une simple camarade, prenant sa place au point de s’effacer.
-
Tout ça pour dire qu’il n’y a parfois peut-être pas besoin d’aller au-delà des commentaires en dessous d’une bande-annonce pour comprendre un film.
-
La passion n’est jamais totalement expiée. Andrew ne verra jamais le jazz que par le prisme de la performance, de l’exposition de soi en dépit des autres. Il n’est plus un joueur dans un orchestre, il aspire à être une star et à effacer…
-
Le film, dans sa cruauté imprévue, surprend une dernière fois, en accordant une ultime parole à son personnage. Une fois ce geste accompli, il n’a plus qu’à suivre Mahin dans son abandon, jusqu’à la voir lui tourner le dos, et l’abandonner aussi.
-
Finalement, le projet le plus orgueilleux est le film lui-même. The Brutalist, par sa durée, l’immensité de ses décors, et sa division par un entracte, propose une expérience unique, mais dont les failles perdent vite le public.
-
Il n’est pas anodin de parler de groupuscules violents d’extrême droite pendant que d’autres factions moins explicites séduisent l’électorat. Il est de fait assez perturbant de voir comment un phénomène de société peut si facilement se traduire au cinéma dans une situation personnelle, singulière,…
-
Mustang est un film sur la liberté. Au gré de leurs escapades interdites, les personnages tentent d’échapper à la vie qu’on leur impose. Bien qu’il n’y ait pas de violence physique, on fait l’expérience avec les personnages des tortures psychologiques qu’on leur inflige.
-
Le dispositif de visionnage est intéressant. Il convoque la salle de cinéma pour y projeter une émission que l’on est habitué·e à regarder chez soi, changeant ainsi sa réception. Dans une salle, chaque rire est public, la fédération passe par l’humour, ou par le…
-
Le problème des films autobiographiques est qu’ils sont tous faits par des cinéastes déjà assis dans leur profession. Quel écho, alors, chez le public de cinéma ? Francesca Comencini essaye de dévier le sujet du film vers sa relation avec son père. Elle prend…
-
Willie survit. Pas Jojo. Willie refait sa vie. Pas Jojo. Peut-être que La Pampa pourra révéler à des personnes totalement déconnecté·es de la réalité ce qu’est l’homophobie et qu’il sera utile. Moi, j’ai été ramené·e à mes peurs, mes angoisses, sans que jamais le…
-
Si la diffraction narrative crée curiosité et fascination, au lieu de l’agacement et de l’abandon, c’est qu’elle est portée et compensée par une indéniable maîtrise audiovisuelle. Le film se fait lieu d’émotions partagées, suscitées moins par l’histoire que par les moyens qui la captent.
-
À l’inverse de Whiplash (Damien Chazelle, 2014) on ne voit que très peu l’entraîneur à l’écran, sa présence est fantomatique : il hante les lieux et n’a pas besoin d’être là pour exercer son influence sur ses anciens élèves. Ses mots résonnent encore dans…
-
C’est drôle, le parallèle se fait tout naturellement dans ma tête entre Nosferatu et Babygirl, que j’ai vu et critiqué la semaine dernière. On la joue safe, donc paradoxalement on la joue viol : on la joue concours de phallus.
-
Les biopics qui prennent pour sujet une femme ont une portée sociologique dont l’importance dépasse les simples considérations cinématographiques. Entre approche intime et biais de genre, la ligne est fine.
-
Si les films s’inspirent naturellement entre eux, La Forme de l’eau échoue à dépasser ses références. Son scénario n’offre rien d’original, même si certains clichés sont intégrés avec plaisir. C’est comme si tout était fait pour ne pas être trop fantastique, par crainte d’assimiler…















