La Forme de l’eau

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Guillermo del Toro / Scénario : Guillermo del Toro et Vanessa Taylor / Photographie : Dan Laustsen et Dennis Chapman / Direction artistique : Nigel Churcher / Conception artistique : Guy Davis et Vincent Proce / Montage : Sidney Wolinsky / Coiffure : Paula Fleet / Costumes : Luis Sequeira / Maquillage : Jordan Samuel / Décors : Jeffrey A. Melvin, Paul D. Austerberry et Shane Vieau / Post-production : Douglas Wilkinson / Direction de production : Dennis Chapman 
Interpretation : Sally Hawkins (Elisa Esposito) , Michael Shannon (Richard Strickland), Richard Jenkins (Giles), Octavia Spencer (Zelda Delilah Fullerv)

Année de sortie : 2017

Ce qu’on voit en premier, c’est la créature marine à laquelle Elisa s’identifie et par laquelle elle est obnubilée. On comprend bien cette fascination : devant nos yeux ébahis se trouve un bijou d’animation, qui s’inscrit totalement dans l’esthétique teintée de vert et dans une ambiance rétro toujours très soignée. C’est d’ailleurs dès les premières images du film que nous sommes immergé·es dans un royaume sous-marin exceptionnel. Grâce à cette esthétique, on ne s’ennuie jamais. Pourtant, une série de clichés défilent devant nos yeux. 
Cliché du scénario d’abord, qui est un mélange d’amour à La Belle et la Bête, de la monstruosité d’E.T., et d’une ambiance à la Amélie Poulain. Jusque là rien d’anormal ; mais, si les films s’inspirent naturellement entre eux, La Forme de l’eau échoue à dépasser ses références. Son scénario n’offre rien d’original, même si certains clichés sont intégrés avec plaisir. 
C’est le cas des clichés désirés, des références constantes aux codes du film fantastique reprises ici de manière assumée. La narration nous immerge dès le début dans un royaume ; on parle d’une histoire d’amour entre une créature fantastique et une humaine. Il est alors difficile de comprendre pourquoi La Forme de l’eau veut, dans le même temps, s’éloigner de ces codes. C’est comme si tout était fait pour ne pas être trop fantastique, par crainte d’assimiler ce ton à l’enfantin. Les intrigues restent donc loin du genre qu’elles servent : une critique des hautes sphères américaines côtoie un cliché de la mafia russe, comme pour destiner le film à un public aguerri. 
La Forme de l’eau peine à trouver sa cible, nageant (sans mauvais jeu de mot) entre un scénario trop simple pour être intéressant d’un point de vue adulte, et trop complexe pour un enfant. Il est toutefois sauvé par son esthétisme remarquable et ses personnages attachants. 

Maxime-Lou

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