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Le dispositif de visionnage est intéressant. Il convoque la salle de cinéma pour y projeter une émission que l’on est habitué·e à regarder chez soi, changeant ainsi sa réception. Dans une salle, chaque rire est public, la fédération passe par l’humour, ou par le…
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Le problème des films autobiographiques est qu’ils sont tous faits par des cinéastes déjà assis dans leur profession. Quel écho, alors, chez le public de cinéma ? Francesca Comencini essaye de dévier le sujet du film vers sa relation avec son père. Elle prend…
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Willie survit. Pas Jojo. Willie refait sa vie. Pas Jojo. Peut-être que La Pampa pourra révéler à des personnes totalement déconnecté·es de la réalité ce qu’est l’homophobie et qu’il sera utile. Moi, j’ai été ramené·e à mes peurs, mes angoisses, sans que jamais le…
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Si la diffraction narrative crée curiosité et fascination, au lieu de l’agacement et de l’abandon, c’est qu’elle est portée et compensée par une indéniable maîtrise audiovisuelle. Le film se fait lieu d’émotions partagées, suscitées moins par l’histoire que par les moyens qui la captent.
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À l’inverse de Whiplash (Damien Chazelle, 2014) on ne voit que très peu l’entraîneur à l’écran, sa présence est fantomatique : il hante les lieux et n’a pas besoin d’être là pour exercer son influence sur ses anciens élèves. Ses mots résonnent encore dans…
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C’est drôle, le parallèle se fait tout naturellement dans ma tête entre Nosferatu et Babygirl, que j’ai vu et critiqué la semaine dernière. On la joue safe, donc paradoxalement on la joue viol : on la joue concours de phallus.
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Les biopics qui prennent pour sujet une femme ont une portée sociologique dont l’importance dépasse les simples considérations cinématographiques. Entre approche intime et biais de genre, la ligne est fine.
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Si les films s’inspirent naturellement entre eux, La Forme de l’eau échoue à dépasser ses références. Son scénario n’offre rien d’original, même si certains clichés sont intégrés avec plaisir. C’est comme si tout était fait pour ne pas être trop fantastique, par crainte d’assimiler…
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Bienvenue dans une des plus belles injonctions contradictoires de la féminité hétéronormée au temps du féminisme libéral : sois forte, mais uniquement sur le papier, car c’est seulement au lit que tu trouveras le bonheur, quand tu seras mon objet.
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En recréant cette sensation particulière au voyage, Hiver à Sokcho fige la société coréenne dans un reflet tronqué, un miroir qui en épaissit les traits et qui parfois les déforme. Le regard de l’étranger, repris à l’écran par Yan Kerrand (Roschdy Zem), écrivain et…
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C’est ce point qui pour moi différencie Mamma Mia! de la majorité des comédies musicales : puisque le film a été créé à partir des chansons d’ABBA, elles n’illustrent pas le récit, mais le font exister. Cette inversion est particulièrement jouissive, et écouter rétrospectivement…
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On a l’impression d’y voir filtrer les relents d’une croyance en un ailleurs, en la possibilité d’une incongruité dans la grisaille du quotidien, un bras tendu du libéralisme vers la main fatiguée des opportunistes.
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Dans ce film réalisé par Walter Salles et scénarisé par Murilo Hauser et Heitor Lorega, le cinéma, dans sa technique et dans sa narration, s’emploie à faire s’identifier le public aux personnages. Ce procédé efficace, mais questionnable, permet de rendre compte de ce qu’est…
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Entre le début et la fin du film, le souvenir s’inscrit comme fil conducteur. Ainsi Bill garde toujours avec lui une bague de sa mère et une boîte à bijoux de sa sœur, comme pour se rappeler de sa famille.
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Tout est dans le titre. Le film porte sur la danse, sur cet art dans son appréhension générique. Pour capturer l’essence de ce sixième art, on nous donne à voir ses interprètes, et la machination logistique qu’il implique.
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Non content de proposer un point de vue rare sur l’une des problématiques les plus oubliées du quotidien d’un couple issu de la communauté LGBT+, Tout ira bien se révèle être un détournement habile du trope habituellement critiqué du “bury your gays”.
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La Chambre d’à côté est un film pavé de contrastes. Il se détache de la filmographie du réalisateur pour prendre un aspect international. Mais plus qu’à des fins commerciales, la langue a son importance dans le récit même.
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L’obsession de Bailey à tout filmer, à tout re-regarder, à percevoir le monde par la capture qu’elle en a fait, rappelle celle dont se revendiquent les plus grands cinéastes. Seulement, Bailey est issue d’un milieu populaire, elle filme selon ses codes et sa sensibilité,…
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Inspiré du Conte de la Princesse Kaguya, anonyme sauf pour celles et ceux qui me devinent, je vais essayer d’écrire quelque chose que l’on pourrait qualifier de poème. J’ai foi en votre capacité à trouver ailleurs la critique ou l’éloge qui ne m’a pas…
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Regard de Baptiste Hoarau Des points de lumière rouge sur fond noir, comme des lampions se reflétant sur l’eau, une jolie musique pop, qui donne envie de faire un teen movie, le travelling latéral s’amorce et puis… pléthore de fesses.Voici le choc initial que…
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Le système de rotation particulier du baseball permet aux joueurs d’alterner les rôles et de se retrouver de nombreuses fois sans jouer. Cette suspension est l’occasion pour eux de se reposer, de parler, et surtout de boire des bières…
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Il est difficile de capturer le Maroc à l’écran. C’est le cas pour toutes les sociétés, certes, mais cette problématique de la représentation me semble particulièrement exacerbée au Maroc. Peut-être car ma relation à la société marocaine, en tant que Marocain·e résidant à l’étranger…
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Une plage idyllique et le soleil de Ceará illuminent deux frères qui s’amusent là. Tout semble réuni pour créer un film léger et réconfortant. Mais on comprend très vite qu’il n’en est rien : Heraldo (Iago Xavier) veut fuir et reconstruire sa vie ailleurs.…
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La répétition danse un Tango psychologique : Louise court après Nathalie, amie d’enfance devenue comédienne, dont elle est amoureuse sans s’en rendre compte. Tango dans lequel les deux personnages se tournent autour en n’étant jamais sur la même longueur d’onde. Danse de laquelle émane…
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Vingt dieux se concentre sur le portrait de Totone, un jeune garçon qui passe ses journées à sortir avec ses amis, à prendre des coups et à se mettre dans de sacrées emmerdes. Ce train de vie au rythme effréné prend fin assez tragiquement…
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Descendants en 2015, L’Ecole du Bien et du Mal en 2022 : les fictions qui jouent explicitement avec la porosité de la frontière entre bien et mal ont du succès, et la dernière en date se voit l’honneur d’être destinée aux salles de cinéma…
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D’abord, il y a une maison. On entend la mer, on la voit à travers les fenêtres de la bâtisse blanche et bleue, on y plonge même. Le silence règne, c’est le calme qui s’empare de la salle de projection. Ce calme ne quittera…
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Le dernier film de Tyler Taormina, Noël à Miller’s Point, suit une famille italo-américaine se retrouvant dans le pavillon de la grand-mère pour y réveillonner une dernière fois, la maison venant d’être vendue. Les péripéties et les mauvaises nouvelles s’enchaînent dans cette famille qui…
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Virginie Despentes, dans King Kong Theory, affirme qu’en n’apprenant pas aux femmes à se défendre, ou plutôt en apprenant aux femmes à ne pas se défendre, on contribue à l’impunité des violeurs. Selon elle, si les agresseurs risquaient d’être frappés (pendant l’agression) ou tués…
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Est-ce qu’un film est fait pour être regardé en entier ? Si personne ou presque ne quitte une salle de cinéma en pleine projection, ce doit être que oui, il y a bien une bonne raison de les regarder du générique de début au…






























