Toutes les publications
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Ce n’est pas la marque d’un progressisme que d’oublier que des personnages sont a-normaux, c’est le signe d’un effacement de leur anormalité, parallèle à l’exacerbation de l’anormalité d’autres personnes. Céline et Nadia ont le privilège d’être universelles ; privilège que n’a pas une grande…
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Le récit, qui ne glorifie pas la criminalité novice des Amazones et ne sous-estime pas la violence pénitentiaire qu’elles vivent, ne les présente pas pour autant comme des étendards de la justice sociale. On a donc un peu de mal à cerner ce que…
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De ma vie algorythmée par le n’importe quoi, j’adhère à ce mal du siècle qui me désanime : le brainrot. J’y vois une nouvelle façon de raconter des histoires en un quart de seconde, saisissant le restant de capacité d’attention de son spectateur. Quitte…
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Dans cette folie, le ridicule pourrait volontiers affleurer. Pourtant, la sophistication de la mise en scène, le génie des idées narratives ainsi que l’originalité des dispositifs artistiques, sont tels qu’ils l’emportent sur tout. Preuve que l’intelligence n’est pas forcément dans la finesse et que…
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Puisqu’un film sur la nouvelle vague ne pourrait par essence pas rejouer ses qualités – un ancrage politique dans le présent et dans la jeunesse – le film de Linklater n’essaye pas de le faire et propose à la place un anti-Nouvelle Vague sanctifiant…
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Son réalisateur suce l’aspect critique et intellectuel hors de son œuvre, diffusant un cadavre de film lyophilisé de réelle substance.
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Dans ce manichéisme, le film ne surprend pas, mais il se conforte dans l’intrigue du conte sans y intégrer toute forme de liberté.
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Comment le grunge d’Araki et le cocaïne chic de Charli XCX peuvent-ils faire bon ménage ?
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Aurélien Peyre est réalisateur et scénariste. L’Épreuve du feu est son premier long-métrage et succède aux moyen-métrages Coqueluche (2018) et La Bande à Juliette (2016).
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La musique ne sauve ni ne répare : elle détruit sans expiation et sans sommation.
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Dans un cinéma où les VSS sont de plus en plus représentées, il m’était important d’interroger leur mise en scène ; de comprendre comment un regard porté sur une violence peut ne pas être lui-même violent. Parmi d’autres, Sorry, Baby, Les Femmes au balcon,…
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Le film complet étant disponible gratuitement sur ArteTv jusqu’au 10 juin, nous vous invitons à profiter de l’occasion pour découvrir cette fiction historique de Cyril Serebrennikov, réalisée trois ans avant Limonov, la ballade. La femme de Tchaïkovski est une expérience bien singulière, où la…
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Jusqu’à la fin, c’est bien le spectacle en tant qu’artifice total qui restera. Il y aura toujours des choses à voir dans le désespoir.
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Tentative de chorale critique réalisée à la suite d’un ciné-club avec l’association Gouinema à propos du film Baby.
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L’absolue richesse des longs-métrages de David Lynch éclipse le début de son œuvre, composée de formats courts, le plus souvent animés. A voir ces formes radicales, à la narration évanescente, on soupçonne le maître de l’étrange de s’être assagi par la suite.
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Queer ne nous propose donc pas uniquement une relation homosexuelle masculine (ou en tout cas, il ne faudrait pas que ce soit le cas), il propose de s’interroger sur une expérience complète : dévier de la norme, ça donne quoi ? Quelles conséquences, quelles…
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Jamais les visages des tueurs ne nous sont montrés. Peut-être car Achfar ne s’en souvient pas, mais surtout car il ne sert à rien de poser des visages singuliers sur un drame qui survient régulièrement. Le film donne une présence à des victimes ignorées…
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Tentative assurément sincère de rendre visible et de valoriser un monde rejeté à la marge et exposé à plusieurs formes de violence, il accompagne la subversion de ses protagonistes sans parvenir à abolir toute séparation entre les protagonistes et le public.
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Six critiques en un dossier : Alice Guy, Tokyo Godfathers, Everything Everywhere All at Once, Paris is Burning, Tomboy et Mustang. A l’occasion de la troisième édition du Femfest, j’ai eu la chance de participer à la programmation, de gérer en grande partie la…
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Après avoir célébré les œuvres d’Agnès Varda et de James Cameron, la Cinémathèque s’est tournée vers celle, haute en couleurs de Wes Anderson. Mais, dans cette réduction à l’aspect matériel de son œuvre, où se trouve le cinéma, l’art du mouvement ?
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En filmant ces derniers instants de lycée, Guillaume Brac et son équipe capturent une mort – celle d’un groupe, d’un moment de vie, d’une jeunesse amenée à passer – et inscrit en son potentiel une renaissance – celle d’un avenir à venir, d’une promesse…
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L’être se construit dans une multiplicité de références et de projections ; mais comme aucun film, aucune musique, n’évoquent de lesbienne, de butch ou de dyke, c’est à Sadie Benning de construire ses propres représentation et de se faire exister.
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Le style bon enfant et familial attire dans la salle, mais ne suffit pas pour tirer l’émotion, l’attachement, les larmes. Peut-être parce que tout cela n’est que l’expression d’un fantasme épuré qui ne garde de l’histoire vraie que ce que veut en garder un…
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Le son devient marqueur de distinction sociale : il renvoie à la parole, opposant celui qui y a accès à celui qui en est privé. Mais ce travail ne se substitue pas à celui de l’image. C’est ainsi par son traitement chromatique que le…
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Sans doute In The Mood for Love, en faisant de la beauté un euphémisme et de l’euphémisme une volupté, pourrait-il se lire comme l’illustration d’un lent processus de floraison.
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Par sa caractérisation fine et progressive de personnages nébuleux, La Convocation offre le portrait pessimiste d’une société dont les membres égoïstes n’agissent que pour se construire une image favorable auprès des autres. L’apparence avant l’être ; montrer plutôt que faire.
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Cette liberté la conduit à s’écarter des autres critiques, du consensus, de toute chapelle. Quiconque a le droit de ne pas aimer et de critiquer, pour peu que ce soit justifié et argumenté. Il n’y a pas d’œuvres intouchables.
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Tout est accessible, tout cohabite, tout s’entrechoque. Quelle place alors donner au vide, à l’absence, à la mort, quand on fait partie de cet organisme du trop-plein ? Le film saura répondre à cette question si vous vous la posez, alors laissez moi m’attaquer…
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Les nouveaux·elles réalisateur·ices ont peur que de tels films restent niche, ne circulent pas. C’est vrai en partie, mais le temps permet aux films de passer de main en main et d’exister. Mon travail se trouve dans ce dialogue avec les artistes, mon travail…






























